Pêle-mêle

La Maison du Boutis

Motivée par l'envie de reprendre les visites de petits musées à moins de cinq euros l'entrée, peu importe le thème du musée, je me suis rendue à Calvisson pour découvrir ce qui se cachait dans  la Maison du boutis.

Pour cette visite, doublement motivée,  car il s'agissait de couture ...

Et je  dois dire que pour trois petits euros l'entrée, j'en ai pris plein les mirettes.

Dans cette maison ancienne aux plafonds rénovés, aux très beaux carreaux au sol, et aux superbes meubles en bois, j'ai pu admirer des boutis anciens du  XVIIIème et du XIXème siècles.

Deux dames, une débutante en boutis, et une expérimentée, m'ont accueilli et guidé dans les pièces de cette maison, me fournissant informations et répondant à mes questions.

C'est ça qui me plait dans la visite des petits musées, pas de file d'attente à l'entrée, pas de foule à l'intérieur, pas d'audio-casques, pas de smartphones en l'air, et des passionné(e)s qui vous expliquent.

Boutis, ça vient de emboutie, broderie dite "à la bosse".

Avant d'être pratiquée par les femmes du sud de la France, (boutis provençal, boutis languedocien protestant), cet art de tradition médiéval de la "broderie en bosses" a été pratiqué par les plus grands brodeurs rattachés aux maisons royales et aux manufactures produisant des pièces de luxe, sur commande.

Les motifs s'inspiraient des légendes, des évènements historiques, mais aussi de la flore, et des motifs d'indiennes, ces tissus imprimés colorés venus des Indes.

Ces motifs, sobres ou denses, s'accompagnaient d'une symbolique particulière à chaque siècle et spécifique à la Basse Occitanie.

 

 

Côté pratique, tentative d'explication avec mes mots à moi ...

On dessine un motif sur un tissu blanc ou écru coupé en double épaisseur.  Puis on brode à petits points à l'aiguille autour du motif, réunissant ainsi les deux épaisseurs de tissu.

Et ensuite, on rembourre avec du fil de coton enfilé sur une aiguille entre les deux épaisseurs de tissu, pour obtenir un motif en volume.

Et on répète l'opération pour chaque motif, bref, des heures de travail ...

Certains boutis dits "vermiculés" ont ma préférences : placés  devant une fenêtre,  ils laissent passer la lumière en transparence.

 

 

 

D'autres boutis, jetés de lits appelés "vannes" ou encore dessus de berceau appelés "pétassons" sont réalisés en piqué de Marseille et ne sont pas transparents, si je me souviens bien ce qui m'a été expliqué. Je dois avouer que je ne connaissais rien à cette technique de broderie et j'ai été émerveillée par le savoir-faire des mamés de l'ancien temps.

On retrouve sur les boutis des symboles liés à la fécondité, à l'amour : ils étaient réalisés à l'occasion de mariages, ou de cadeaux de naissance.

 

 

J'ai aussi aimé les couvertures en  boutis réalisées en imprimés indiennes, très colorées, comme celles que l'on peut voir sur la première photo en début d'article, et  les jupons d'indiennes à décor jardinier dans le style de celui-ci, déniché sur le blog d'une passionnée de boutis,  que je trouve superbe.

.http://marisil.canalblog.com/archives/2019/05/13/37334298.html

 

Mais j'ai gardé le meilleur et le plus étonnant pour la fin ...

Dans cette Maison du boutis est exposée une bande dessinée géante qui relate  les aventures héroïques de Tristan, chevalier de la table ronde.

Là,  on peut rester un bon moment en arrêt devant tous ces détails brodés pour raconter une histoire.

Cette  oeuvre collective,  qui a nécessité 6800 heures de travail,  est la reproduction merveilleuse  d'une tenture médiévale datant du XIVème siècle.

Voici la photo du petit dépliant concernant ce projet, et quelques images trouvées sur le site de la Maison du boutis.

http://www.la-maison-du-boutis.fr/tristan.html

 

 

Voici le lien pour se rendre sur le site de la Maison du boutis, pour plus de belles images, et des explications bien plus fournies et claires que les miennes ...

www.la-maison-du-boutis.fr/

Si vous avez l'occasion de passer par Calvisson, arrêtez-vous à la Maison du boutis, ça vaut le coup d'oeil.

J'y retournerai avec plaisir,  surtout pour le Tristan Quilt dont je suis loin d'avoir fait le tour, mais aussi parce qu'en dehors de l'exposition permanente   sont proposées des expos temporaires sur des thèmes précis.

Voici l'affiche de l'exposition temporaire en cours :

A bientôt pour une prochaine visite d'un musée à moins de cinq euros l'entrée !

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